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Sommeil en France : que révèle le Baromètre Santé publique France 2024 ?

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Sommeil en France : que révèle le Baromètre Santé publique France 2024 ?

Le 16 décembre dernier, Santé publique France a publié le baromètre 2024 du sommeil en France qui dresse un état des lieux précis des habitudes de sommeil des adultes français âgés de 18 à 79 ans. Si la durée moyenne de sommeil reste dans son ensemble conforme aux recommandations, les inégalités sociales, territoriales et de genre demeurent très marquées. Voici les principaux enseignements.

Un temps de sommeil moyen de 7 h 32

En 2024, les adultes déclarent dormir 7 h 32 par 24 heures, siestes comprises. Cette moyenne masque toutefois de fortes variations :

  • Temps minimal : 7 h 16 chez les 50-59 ans
  • Temps maximal :
    • Femmes 18-29 ans : 7 h 53
    • Hommes 70-79 ans : 7 h 51

Les jeunes adultes et les seniors dorment davantage, tandis que les actifs de 40 à 59 ans sont les plus touchés par la réduction du sommeil.

21,5 % de « courts dormeurs »

Plus d’un adulte sur cinq dort 6 heures ou moins par nuit en semaine.

Les profils les plus concernés :

  • Hommes : 22,4 %
  • Personnes de 50-59 ans : 26,1 %
  • Familles monoparentales : 25,6 %
  • Personnes en difficulté financière : jusqu’à 29 %
  • Habitants des DROM (Départements et Régions d’Outre-Mer) : plus de 30 % dans les Antilles et en Guyane

Les courts dormeurs sont exposés à un risque accru de diabète, obésité, hypertension, maladies cardiovasculaires et accidents.

Un tiers des adultes se plaint d’insomnie

La plainte d’insomnie touche 33,1 % des adultes, avec de fortes disparités :

  • Femmes : 37,7 %
  • Hommes : 28,2 %
  • Femmes de 70-79 ans : 43,4 %
  • Personnes vivant seules : 36,8 %
  • Familles monoparentales : 37,1 %
  • Personnes en grande difficulté financière : jusqu’à 50,5 % chez les femmes

L’insomnie augmente avec l’âge, surtout chez les femmes, et s’aggrave dans les contextes de précarité.

Des inégalités sociales très marquées

Le sommeil est fortement influencé par la situation socio-économique :

  • Les personnes à l’aise financièrement dorment en moyenne 7 h 38
  • Celles pour qui « c’est difficile » tombent à 7 h 22
  • Les moins diplômés sont plus souvent courts dormeurs (24,3 %) et insomniaques (37,9 %)
  • Les ouvriers sont les plus touchés par le manque de sommeil (27 %)
  • Les employés présentent le plus de plaintes d’insomnie (38,8 %)

Le sommeil apparaît ainsi comme un marqueur social majeur.

Des disparités territoriales fortes

Les régions de l’Ouest (Bretagne, Pays de la Loire) affichent les meilleurs indicateurs :

  • Temps de sommeil élevé : 7 h 38
  • Faible proportion de courts dormeurs : ~18 %

À l’inverse, les DROM présentent les indicateurs les plus dégradés :

  • Guadeloupe : 7 h 19 de sommeil, 34,1 % de courts dormeurs
  • Martinique : 7 h 21, 32,5 % de courts dormeurs
  • La Réunion : paradoxalement 7 h 41 de sommeil, mais 39,4 % d’insomnie

L’Île-de-France se distingue également par une proportion élevée de courts dormeurs (24,1 %).

Un enjeu majeur de santé publique

Le rapport souligne que :

  • Le sommeil a diminué de 1 h 30 en 50 ans
  • Les troubles du sommeil sont liés à la santé mentale, aux conditions de vie, au stress et aux rythmes professionnels
  • Les populations les plus vulnérables cumulent les risques : précarité, isolement, charge mentale, environnement bruyant

Ces constats ont contribué à alimenter la feuille de route interministérielle Sommeil 2025-2026 (voir notre article), qui vise à promouvoir le sommeil comme déterminant essentiel de la santé.

Le sommeil demeure un enjeu de santé publique prioritaire, nécessitant prévention, information et actions ciblées.

Télécharger le baromètre

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