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Apnée du sommeil : une innovation qui pourrait améliorer le dépistage

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Apnée du sommeil : une innovation qui pourrait améliorer le dépistage

Plusieurs de nos adhérents ne souffrent pas uniquement d’insomnie : ils présentent aussi des signes évocateurs d’apnée du sommeil, un trouble encore largement sous-diagnostiqué. Cette double réalité est loin d’être anecdotique. Elle rappelle combien les troubles du sommeil peuvent s’entremêler et compliquer le parcours de soin, en particulier lorsque les symptômes sont banalisés ou attribués à tort à la seule fatigue.

Jusqu’ici, le grand public connaissait surtout les montres connectées capables de repérer certains signaux indirects, avec une fiabilité encore limitée, ou encore des dispositifs placés sous le matelas, souvent plus performants, mais aussi moins simples à utiliser au quotidien. L’intérêt d’une solution reposant sur un smartphone réside précisément dans cette promesse d’accessibilité : proposer un premier niveau d’évaluation à partir d’un appareil déjà présent dans la vie de nombreux patients.

L’application Apneal s’appuie sur les capteurs du smartphone utilisé en mode avion pendant la nuit pour enregistrer différents signaux, notamment la respiration, les sons nocturnes et certains mouvements corporels. Selon son développeur, ces données sont ensuite analysées par une intelligence artificielle afin d’identifier des événements respiratoires compatibles avec une apnée du sommeil. Cette approche fait actuellement l’objet d’une validation clinique à grande échelle, impliquant plus de 1 000 patients dans 20 centres européens, avec une comparaison aux examens de référence du sommeil. L’objectif annoncé est l’obtention d’un marquage CE de classe IIa, qui reconnaîtrait l’application comme dispositif médical. Si cette validation se confirme, un tel outil pourrait représenter une avancée importante pour les personnes en errance diagnostique, celles qui hésitent à consulter, ou encore les patients confrontés à des délais d’attente parfois très longs avant un rendez-vous spécialisé.

Le registre des essais cliniques de l’AP-HP apporte d’ailleurs des précisions utiles sur cette évaluation. Il présente Apneal comme un dispositif médical sur smartphone destiné au diagnostic du syndrome d’apnées-hypopnées du sommeil, dans le cadre d’une étude comparative interventionnelle multicentrique menée chez des personnes ayant une indication de polysomnographie. Le protocole rappelle aussi pourquoi cette recherche est importante : aujourd’hui, l’examen de référence reste complexe à mettre en place, demande du temps spécialisé et demeure parfois difficilement accessible, avec des délais pouvant atteindre plusieurs mois. Dans ce contexte, l’enjeu n’est pas seulement technologique : il s’agit aussi de rendre le repérage du SAOS (syndrome d’apnées obstructives du sommeil) plus simple, plus rapide et potentiellement plus largement disponible pour les patients.

Lors de nos permanences mensuelles « France Insomnie à votre écoute », les participants témoignent de leurs difficultés d’endormissement, de leurs réveils nocturnes ou encore de leur fatigue persistante. Mais ils sont aussi de plus en plus nombreux à s’interroger sur un autre trouble, souvent associé : le SAOS. Cette coexistence entre insomnie chronique et apnée du sommeil porte aujourd’hui un nom bien identifié : le COMISA, pour Comorbid Insomnia and Sleep Apnea. La littérature médicale montre qu’il s’agit d’une situation fréquente, avec des conséquences importantes sur la qualité de vie, la fatigue diurne, l’humeur et parfois même l’adhésion aux traitements. Mieux repérer cette association est donc essentiel : traiter l’apnée sans prendre en compte l’insomnie, ou inversement, risque de laisser persister une partie du problème. Pour les patients comme pour les soignants, cette meilleure compréhension ouvre la voie à une prise en charge plus globale, plus précoce et plus adaptée.

Bien entendu, aucune application ne peut se substituer à elle seule à un avis médical ni à un examen spécialisé lorsque celui-ci est nécessaire. Mais en facilitant un premier repérage, ce type d’innovation pourrait contribuer à réduire le nombre de personnes qui vivent pendant des années avec un trouble du sommeil non identifié. Pour une association comme France Insomnie, attentive à la réalité vécue des patients, ces avancées méritent donc d’être suivies de près : elles pourraient, à terme, accélérer l’accès au diagnostic et améliorer l’orientation vers les bons parcours de soins.

Sources :

Apneal

Assistance Publique – Hôpitaux de Paris

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