Durée de sommeil en chute libre : les chiffres 2024 inquiètent
La durée moyenne de sommeil des Français continue de diminuer. En 2024, elle atteint 6 h 42 par nuit, un niveau historiquement bas qui inquiète les spécialistes. Cette nouvelle étude, dévoilée lors de la 24ᵉ Journée du Sommeil*, confirme une dégradation constante depuis plus d’une décennie. Le manque de sommeil devient un véritable enjeu de santé publique.
Une baisse continue depuis 14 ans

Les données montrent une perte de 15 à 16 minutes de sommeil en un an. En 2010, les Français dormaient encore 7 h 47. En quatorze ans, c’est une heure entière de sommeil qui a disparu.
Les jeunes adultes sont les plus touchés :
- les 18–24 ans mettent désormais 53 minutes à s’endormir en semaine,
- contre 37 minutes pour l’ensemble de la population.
Cette tendance s’inscrit dans un contexte que nous avons déjà largement documenté sur notre site Internet et nos réseaux sociaux, où les problématiques de rythme, de veille prolongée et d’exposition aux écrans sont régulièrement abordées.
Un impact direct sur la santé
Le manque de sommeil n’est pas un simple inconfort. Il augmente les risques de :
- troubles de l’humeur et du stress ;
- maladies chroniques (diabète, hypertension, obésité) ;
- baisse de vigilance ;
- accidents de la route ou du travail.
Rappelons que le sommeil est un pilier essentiel de la santé, au même titre que l’alimentation ou l’activité physique.
Les écrans : principal facteur aggravant
L’usage intensif des écrans le soir reste la cause la plus fréquemment identifiée. La lumière bleue perturbe l’horloge biologique, retarde l’endormissement et dégrade la qualité du sommeil.
D’autres facteurs aggravants sont également pointés :
- repas tardifs ou irréguliers ;
- manque d’activité physique ;
- rythmes professionnels décalés ;
- stress quotidien.
La sieste : une solution… à condition d’être maîtrisée
Près d’un Français sur deux pratique la sieste avec une durée moyenne de 1 h 16. Si elle peut aider à compenser une dette de sommeil, une sieste trop longue peut perturber l’endormissement du soir.
Les spécialistes recommandent des siestes courtes : de 20 à 30 minutes maximum, idéalement avant 15 h.
Un enjeu de société
La dégradation du sommeil n’est plus un phénomène individuel : c’est un signal collectif. Entre hyperconnexion, pression professionnelle et rythmes de vie fragmentés, les nuits françaises se raccourcissent dangereusement.
France Insomnie appelle à une prise de conscience nationale pour replacer le sommeil au cœur des priorités de santé publique.
*Organisée par l’INSV : Institut National du Sommeil et de la Vigilance (membre du Conseil scientifique de France Insomnie)
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